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La Côte d’Ivoire a décroché ce dimanche son tout premier titre continental U18, en dominant le Sénégal 73-51 en finale à Treichville. Un sacre acquis sans perdre le moindre match du tournoi, qui confirme l’éclosion d’une génération dorée, un an seulement après le titre historique des U16 à Kigali.

Dans les dernières minutes avant le coup d’envoi de cette finale de l’Afrobasket U18 2026, opposant les Lions de la Teranga aux Éléphants, le sélectionneur Stéphane Konaté fait les cent pas dans sa zone technique, visiblement tendu. La salle du Palais des Sports de Treichville, pleine à craquer, retient son souffle avant d’exploser quelques heures plus tard. Dès l’entame de la rencontre, les Ivoiriens prennent l’avantage : Jean-Philippe Oka inscrit un dunk en transition qui porte son équipe à 6-0. Le coach sénégalais Mouhamed Diadié appelle un temps mort pour stopper l’hémorragie, mais rien n’y fait : les Sénégalais ne reviendront jamais au score.

Sur le banc ivoirien, ce sacre vient s’ajouter à une saison déjà exceptionnelle pour Stéphane Konaté, également double champion de la Ligue d’Or ivoirienne cette année avec les JCA Kings [lire notre portrait complet du technicien ici].

Une génération qui frappe deux fois plus vite

En septembre 2025, à Kigali, une autre génération de jeunes Éléphanteaux écrivait déjà l’histoire en décrochant le tout premier titre continental U16 du pays, face au Cameroun (62-49). Deux ans plus tôt, cette même sélection ne faisait guère mieux qu’une sixième place. La marche gravie en si peu de temps a de quoi impressionner.

Et le fil qui relie les deux épopées porte un nom : Jean-Philippe Oka. MVP du tournoi U16 en 2025, il se retrouve cette fois au cœur du dispositif ivoirien en finale U18, auteur de 13 points, 6 rebonds et 2 passes décisives dans le match qui a scellé le sacre. Le message envoyé par la fédération et le staff technique est limpide : cette génération veut confirmer, catégorie après catégorie, la dynamique enclenchée à Kigali.

Ce doublé rapproche surtout la Côte d’Ivoire d’un sommet qu’elle n’a plus connu depuis longtemps. Chez les seniors, les Éléphants n’ont plus été sacrés champions d’Afrique depuis 1985, déjà à domicile. Quarante et un ans plus tard, une nouvelle génération montre la voie.

Deux ans plus tôt seulement, en 2024, la sélection U18 ivoirienne quittait l’Afrique du Sud dès la phase de groupes. Le contraste donne toute sa mesure au chemin parcouru.

Un parcours quasiment parfait

Sur le papier comme sur le terrain, la campagne ivoirienne n’a laissé que peu de place au doute. En phase de groupes, les Éléphanteaux écrasent tour à tour le Tchad (104-51) et le Nigeria, avant de dominer l’Égypte 89-62.

Lors de la revanche en quart de finale contre l’Égypte, la tâche se révèle plus disputée : après avoir compté jusqu’à 14 points d’avance à la mi-temps, la Côte d’Ivoire voit les Pharaons revenir à sept longueurs avant de refermer la porte, 67-57.

En demi-finale, place au Cameroun, adversaire coriace et médaillé d’argent lors de l’édition précédente. Portée par son public, la Côte d’Ivoire s’impose 62-57 au terme d’un match disputé jusqu’aux dernières minutes.

Puis vient la finale face au Sénégal, équipe qui les avait battus lors de la finale de l’Afrobasket U18 2012. La Côte d’Ivoire remporte les quatre quart-temps (16-7, 18-17, 21-10, 18-17), avec un tournant net au troisième acte : deux tirs à trois points consécutifs de Nathan Djako qui portent l’avance à 18 points et enterrent tout suspense. Bilan : les Éléphanteaux bouclent une campagne invaincue, sacrés à domicile.

Les visages d’une équipe qui a fait bloc

Trois noms se détachent de ce sacre collectif. Nathan Djako, désigné MVP de la compétition avec 22 points, 4 rebonds et une évaluation de 16 rien qu’en finale, a porté l’attaque ivoirienne dans les moments décisifs. Jean-Philippe Oka, lui, s’impose comme le meneur de cette génération, capable de faire basculer un match dès les premières secondes, comme il l’a montré dès l’entame de la finale. Et Karl-Randell Kouame-Zeze a été l’un des artisans les plus réguliers du parcours : 19 points dès le premier match face au Tchad, 18 face à l’Égypte, une présence constante jusqu’en finale.

Autour d’eux, un collectif soudé : Deh-Dimitri Azema et Chris Junior Echui ont dominé le secteur intérieur tout au long du tournoi, tandis que Jason Aké orchestrait le jeu et que Bryan N’Goli complétait l’attaque extérieure.

Le nom qui a dominé le tournoi sans soulever le trophée

S’il fallait retenir un seul joueur en dehors du cercle ivoirien, ce serait lui : Yaya Ngaba, pivot tchadien de 2,06 m et 18 ans. Sorti de l’anonymat lors des éliminatoires de zone en juin 2026, il a dominé les statistiques de cet Afrobasket 2026 : meilleur rebondeur du tournoi avec 13,2 prises de moyenne, quatrième meilleur marqueur avec 17,3 points par match, et un record de la compétition établi face au Nigeria avec 21 rebonds dans un seul match. Contre l’Égypte, il a même flirté avec le triple-double à 33 points.

Formé à Amtock City, à N’Djamena, avant de rejoindre l’Espoir Basket Club au Gabon, il a été décrit par les observateurs présents à Abidjan comme un joueur à l’énergie inépuisable, de ceux qui pèsent sur chaque possession.

Et maintenant ?

Le titre est acquis, mais l’histoire ne s’arrête pas là. Grâce à leur parcours, les Éléphanteaux ont validé leur billet pour la Coupe du monde U19 2027, prévue à Pardubice, en République tchèque. Une échéance qui permettra de mesurer le niveau de cette génération à l’échelle mondiale.

Reste une question, ouverte mais grisante : cette génération, qui vient d’enchaîner deux titres continentaux inédits en moins d’un an, sera-t-elle un jour celle qui ramène la Côte d’Ivoire tout en haut chez les seniors ? Le potentiel est là. La suite s’écrira sur les prochains parquets…